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Les rivalités géopolitiques en Arctique s’intensifient sous l’effet du réchauffement climatique. En effet, la fonte des glaces libère de nouvelles voies maritimes et facilite l’accès à des ressources convoitées. Cette transformation rapide entraîne une dégradation forte de la coopération internationale depuis 2022.
Quels sont les rôles des pays riverains et des nouveaux acteurs ?
Cinq États possèdent un accès direct à l’océan Arctique. Ainsi, le Canada, les États-Unis par l’Alaska, la Russie, la Norvège et le Danemark via le Groenland gèrent la zone.
La Russie domine cette région polaire. D’une part, elle détient environ la moitié du territoire et de sa population. D’autre part, elle possède la moitié de la flotte mondiale de brise-glaces.
De plus, de nouvelles puissances manifestent un intérêt marqué. Par exemple, la Chine s’est proclamée quasi-État arctique dès 2018. En outre, elle a mis en avant son expérience dans l’Himalaya pour appuyer son statut d’observateur.
D’autres pays postulent également comme observateurs auprès du Conseil de l’Arctique. Par conséquent, la Turquie, la Grèce et l’Argentine demandent à intégrer cette instance internationale créée en 1996.
Comment la fonte des glaces modifie-t-elle l’économie et la sécurité ?
Le sous-sol de l’Arctique attire de nombreuses convoitises internationales aux pôles. Selon l’Agence Internationale de l’Énergie, la zone abriterait 13 % des réserves mondiales de pétrole. De plus, elle contiendrait 30 % de celles de gaz naturel.
Les eaux arctiques fournissent aussi 15 % des captures mondiales de poissons et de fruits de mer. Ainsi, la raréfaction des ressources mondiales pousse les pays à exploiter ces nouveaux espaces.
Toutefois, la région fait face à de fortes tensions politiques. Par exemple, la région de Barents illustre le raidissement actuel le plus visible dans l’Arctique européen. En effet, la frontière finno-russe est désormais matérialisée et fermée, alors qu’elle restait ouverte depuis la guerre d’hiver.
Pourquoi la coopération régionale est-elle bloquée ?
L’invasion de l’Ukraine en 2022 a provoqué une rupture majeure. Par conséquent, les États européens ont arrêté leur participation à plusieurs projets industriels en Russie.
Le Conseil de l’Arctique subit directement ces blocages politiques. Aujourd’hui, cette instance fonctionne uniquement sur le plan scientifique. En revanche, les discussions politiques s’avèrent très difficiles avec la Russie.
Enfin, la gouvernance de l’océan Arctique fait face à un double défi. D’un côté, refuser l’entrée de nouveaux observateurs pousse ces pays à s’organiser ailleurs. D’un autre côté, les États souverains refusent toute intervention extérieure dans leur pré carré.
Le recul de la banquise modifie durablement la zone arctique. Ainsi, les nations gèrent désormais une compétition accrue et une militarisation grandissante.
