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Mesurer l’empreinte carbone par pays permet d’identifier les grands émetteurs mondiaux de gaz à effet de serre et d’analyser les volumes rejetés par habitant. En effet, ces données officielles éclairent l’évolution des rejets climatiques depuis 1990 et soulignent les fortes disparités économiques entre les différentes régions du globe.
Quels sont les principaux pays émetteurs de gaz à effet de serre dans le monde ?
En 2023, la Chine arrive en tête des pays émetteurs de gaz à effet de serre. De plus, les émissions mondiales atteignent 52 963 Mt CO2 éq cette même année, selon les données de la base EDGAR. Ainsi, ce volume total progresse de 1,9 % par rapport à l’année précédente. Une estimation de la base EDGAR pour 2024 indique aussi une hausse supplémentaire de 1,3 %.
La Chine totalise 30,2 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Par ailleurs, les États-Unis occupent la deuxième position avec 11,3 % du total. L’Inde se place ensuite avec 7,8 % des rejets planétaires. L’Union européenne à 27 représente quant à elle 6,1 % de ces volumes globaux.
De surcroît, ces totaux nationaux excluent les transports internationaux. En effet, les soutes maritimes et aériennes absorbent respectivement 1,4 % et 0,9 % des émissions mondiales en 2023. Ces secteurs font donc l’objet d’un comptage spécifique hors des frontières des États.
Comment ont évolué les émissions mondiales et régionales depuis 1990 ?
Entre 1990 et 2023, les émissions annuelles mondiales de gaz à effet de serre augmentent de 62 %. Cette progression globale masque toutefois de fortes disparités géographiques. En effet, les pays émergents industrialisent leur économie et voient leurs rejets augmenter nettement sur la période.
La Chine enregistre une hausse de 308 % de ses émissions sur ces trois décennies. De son côté, l’Inde affiche une augmentation de 199 %. La zone Moyen-Orient et Afrique du Nord progresse également de 161 %.
À l’inverse, l’Union européenne réduit ses émissions de 33,7 % entre 1990 et 2023. La France diminue aussi ses rejets de 25,9 % sur le même intervalle selon les chiffres EDGAR. Par conséquent, les pays industrialisés adoptent une trajectoire baissière contrastant avec la dynamique des pays en développement.
Quelles sont les disparités des émissions de gaz à effet de serre par habitant ?
En moyenne, chaque habitant de la planète émet 6,6 tonnes équivalent CO2 en 2023. Toutefois, ce chiffre cache des écarts considérables entre les différentes régions du monde. Les pays développés affichent donc des bilans individuels bien plus lourds que les nations en développement.
L’Amérique du Nord et l’Europe de l’Est enregistrent les moyennes par habitant les plus élevées. Par exemple, le Canada atteint 18,7 tonnes par habitant et les États-Unis affichent 17,7 tonnes. La Russie culmine aussi à 18,6 tonnes par habitant en 2023.
Les autres grands pays se situent à des niveaux différents. La Chine émet 11,3 tonnes par habitant. En comparaison, l’Union européenne se positionne à 7,2 tonnes et la France à 5,8 tonnes. L’Inde descend à 2,9 tonnes, tandis que l’Afrique subsaharienne enregistre 1,9 tonne par habitant.
Quel est le rapport entre les émissions de GES et le poids historique ?
Depuis 1750, l’Europe et la Russie contribuent pour un peu moins d’un tiers des émissions cumulées de CO2 fossile. De plus, les États-Unis pèsent pour plus d’un quart de ces rejets historiques. Cette responsabilité passée éclaire donc le débat actuel sur la répartition des efforts climatiques.
Par ailleurs, les pays membres de l’OCDE affichent un niveau d’émissions de 10,3 tonnes équivalent CO2 par habitant en 2023. Ce groupe de pays industrialisés réduit ses rejets individuels de 25,3 % depuis 1990. Ces données confirment ainsi une décélération progressive de l’intensité carbone au sein des économies développées.
Quelles sont les limites méthodologiques des données climatiques ?
Mesurer l’empreinte carbone par pays dépend fortement de la méthode statistique choisie. En effet, les estimations territoriales de la base EDGAR diffèrent des inventaires officiels transmis au titre de la CCNUCC. Pour l’Union européenne et la France, ces deux sources affichent donc des pourcentages de baisse distincts sur une même période.
Il faut également distinguer ces émissions territoriales de l’empreinte de consommation. Les bilans territoriaux comptabilisent ce qui est produit à l’intérieur des frontières. En revanche, l’approche par la consommation intègre les importations et les exportations de biens pour refléter l’impact réel des modes de vie.
En résumé, la Chine, les États-Unis et l’Inde concentrent la majeure partie des émissions mondiales de gaz à effet de serre en volume. Cependant, les pays développés affichent des rejets par habitant nettement plus élevés que les économies émergentes.
